resilience traumatisme de l'adoption

Résilience : comment surmonter le traumatisme de l’adoption

De mes propres observations concernant l’adoption, il n’y a pas de règle. Pas de loi immuable ni de pensée unique sur la manière dont chacun doit vivre l’adoption. Chacun vit son histoire à sa manière. Chacun a un rapport différent avec le traumatisme de l’adoption et sa propre capacité de résilience.

Si certaines tendances peuvent émerger, elles n’en deviennent pas une fatalité pour celles et ceux qui ne suivent pas ces tendances. C’est pourquoi, certaines personnes vivent mal leur adoption, souffrent davantage de l’abandon. Tandis que d’autres semblent faire leur vie sans rencontrer de problème.
C’est pourquoi, certains ont besoin de réponses pour avancer. Tandis que d’autres avancent sans se poser de question…

Et pour chacun de ces cas de figure, il n’y a aucun jugement à émettre. Juste à accepter avec bienveillance que chacun avance dans la vie en fonction de son histoire, de sa personnalité, de ses valeurs, de ses croyances

resilience s'adapter pour dépasser une difficulté
La difficulté, on la subit ou on décide de s’adapter pour la surmonter.

La résilience, c’est quoi ?

Pour faire court, la résilience, c’est l’aptitude que chacun a de pouvoir surmonter – ou non – un événement traumatisant. Et dans l’adoption, la résilience a toute sa place.

Abandon, séparation, images traumatisantes, contexte compliqué, déracinement, ou tout simplement absence de souvenirs… Il existe une multitude de raisons qui peuvent marquer au niveau psychique un individu concernant son passé lié à l’adoption. Certaines peuvent parfois paraître incompréhensibles, voire impossibles à surmonter. Pourtant, face à ces événements, certains arrivent mieux que d’autres à tirer parti de ces expériences. Mieux, ils parviennent à en faire un moteur pour vivre une vie épanouissante.

C’est cette capacité à rebondir malgré les événements que l’on appelle la “résilience”.

Le rapport avec le traumatisme de l’adoption

Le traumatisme est la conséquence du trauma. Et le trauma, c’est l’événement marquant. A événement équivalent, deux individus distincts ne vivront pas le même trauma de la même manière. L’impact sera différent. Ainsi, certaines personnes vivent le souvenir de l’abandon comme un traumatisme, et d’autres non.

Pourquoi ces différences ? Il n’y a pas de réponse précise.

Cependant, chaque individu est unique. Il n’existe aucun mode d’emploi expliquant quels sont les étapes à suivre pour surmonter un traumatisme. Chacun a sa propre manière de subir et de vivre l’événement traumatisant. En revanche, il existe des tendances que l’on retrouve communément chez les personnes qui ont développé une capacité de résilience supérieure aux autres.

resilience décider de passer à l'action
Comment mieux vivre malgré un passé traumatisant ?

3 facteurs favorisant la résilience

1 – Se poser les bonnes questions

Pourquoi ?

C’est la question qui revient le plus fréquemment suite à un traumatisme. “Pourquoi j’ai été abandonné ?“, “Pourquoi mes parents ne m’ont pas gardé ?“, “Et pourquoi j’ai le sentiment de ne pas être aimé ?“…

Mais à ces questions ne peuvent découler que des réponses entraînant un fort sentiment de culpabilité. “J’ai été abandonné parce que je n’étais pas désiré“. “Ils ne m’ont pas gardé parce que je suis un fardeau“. “J’ai le sentiment de ne pas être aimé parce que je ne mérite pas d’être aimé“…

Et si, au lieu de vous demander “Pourquoi ?“, vous vous demandiez plutôt “Pour quoi ?“. Vous saisissez la nuance ? En vous demandant “Pour quoi“, vous vous demandez finalement “Pour quelle chose meilleure cela m’est-il arrivé ?“, “Comment je peux me servir de cet expérience difficile ?“, “Que puis-je tirer de génial de cet événement ?“.

Pas si simple à faire si l’on n’a pas l’habitude, et surtout si l’on ne prend pas le temps d’y réfléchir vraiment. Mais terriblement efficace pour surmonter un traumatisme et avoir un regard différent sur son passé.

Car, s’il est évident qu’un événement traumatisant a un impact négatif sur la personne qui le vit, il entraîne également des effets positifs. Cela peut sembler surprenant. Pourtant, c’est tout à fait vrai.

2 – Trouver le positif dans un événement traumatisant

Le piège des croyances limitantes

Un traumatisme aura un fort impact sur vos émotions. Or, ce sont vos émotions qui entraînent vos pensées, vos pensées qui déterminent vos choix, vos choix qui entraînent les résultats que vous obtenez dans votre vie, et ces résultats viennent transformer votre vision du monde. Cette vision du monde va venir créer – ou renforcer – vos croyances qui influenceront vos émotions, et ainsi de suite.

Prenons par exemple la peur de l’abandon :

  • L’émotion : Vous éprouvez la peur de l’abandon
  • Les pensées : Chaque fois que vous vous attachez à quelqu’un, vous pensez que vous allez être abandonné un jour
  • Les choix : Même lorsque vous êtes en couple ou que vous vous liez d’amitié, vous choisissez de ne pas vous engager de peur de souffrir si vous devez vous séparer
  • Le résultat : Votre détachement finit par lasser votre partenaire de vie ou vos amis, et ils finissent par prendre leurs distances.
  • La vision du monde : Vos expériences à répétition prouvent que vous avez raison d’avoir peur de l’abandon et cela crée la croyance que vous serez toujours abandonné.
  • L’émotion : Vous éprouvez encore plus fort cette peur de l’abandon.
  • Et ainsi de suite…

Ce qui ne tue pas, rend plus fort

Mais si vous prenez conscience de ce cercle vicieux, alors vous pouvez agir. Ainsi naît la résilience. Et ce traumatisme qui vous limite dans vos actions peut vous permettre de développer des traits de personnalité qui deviendront des qualités.

La peur de l’abandon vous permettra de mieux choisir les personnes en qui vous placez votre confiance, de faire preuve de plus d’empathie envers les personnes délaissées, de donner davantage de sens à vos relations (amicales, sentimentales, etc.).

3 – Trouver de l’aide dans son environnement

La capacité de résilience dépend de la personne, mais également de son environnement. Être résilient lorsque l’on est entouré de personnes aidantes, empathiques, bienveillantes, est plus facile que lorsque l’on ne côtoie que des personnes qui se plaignent, qui critiquent ou qui ne croient pas en vous.

Ce choix de s’entourer de telles ou telles personnes ne dépend que de vous. Il ne tient qu’à vous de vous éloigner des personnes qui vous tirent vers le bas, et vous entourer de personnes bienveillantes.

En effet, j’ai obtenu un jour le témoignage d’un adopté qui a vécu longtemps dans la peur de l’abandon. Adopté à l’âge de 6 ans, il avait gardé des souvenirs douloureux de son passé. N’osant plus s’attacher ni à ses amis, ni même à ses parents adoptifs, il craignait d’être de nouveau abandonné. Il m’a expliqué que c’est la maman de l’un de ses copains d’école qui lui a permis de surmonter cette peur.

Régulièrement, elle l’invitait à prendre le goûter avec son fils. Elle lui a appris des jeux. Elle a pris soin de lui et, même lorsqu’il faisait des bêtises, elle lui témoignait toujours de l’affection et de la bienveillance. C’est ainsi que, en peu de temps, il a réussi à reprendre confiance. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette personne a réussi à transformer la vision du monde de cet enfant. En lui faisant comprendre que l’abandon qu’il avait vécu enfant n’était pas une fatalité pour le reste de sa vie.

En conclusion

Vous l’aurez compris, il n’existe pas de mode d’emploi unique pour développer sa capacité de résilience et surmonter le traumatisme de l’adoption.

Cette capacité dépend de la personnalité de chacun, et surtout des choix de chacun. En effet, je suis convaincu que la résilience est surtout une question de choix. Mais pour permettre à quelqu’un de faire un choix réfléchi, il faut d’abord l’aider à prendre conscience des dégâts que peuvent générer les traumatismes dans une vie si l’on ne décide pas de s’en sortir mais seulement de subir.

C’est cette prise de conscience qui a permis à des personnes, au-delà de ce seul sujet de l’adoption, de surmonter le traumatisme d’une agression, d’un viol, de la perte d’un enfant ou d’un conjoint, d’une maladie grave.

Et enfin, un autre facteur – mais non des moindres – qui permet de développer sa capacité de résilience, c’est de décider de faire de sa propre expérience une histoire inspirante pour aider des personnes vivant des situations identiques.

Et vous ? Face à quelles difficultés vous retrouvez-vous confrontés pour surmonter vos événements traumatisants ? Si vous avez réussi à les surpasser, comment avez-vous procédé ? Vous êtes-vous retrouvé dans les facteurs que j’ai exposé dans cet article ?
Dites-le moi dans les commentaires, je me ferai un plaisir d’en discuter avec vous.

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3 réflexions sur “Résilience : comment surmonter le traumatisme de l’adoption”

  1. Laurent Rosenfeld

    Deux anecdotes sur la résilience naturelle, voire instinctive, d’un jeune enfant.

    La première concerne mon histoire personnelle. J’ai été abandonné à l’âge d’un mois et été trimballé d’institution médicale en orphelinat, de sanatorium en maison de convalescence pour enfant, pendant quelques années. A l’âge de 5 ans, je venais d’être placé depuis quelques mois dans une famille d’accueil, qui m’avait clairement expliqué qu’ils n’étaient pas mes parents mais que mes parents viendraient certainement me chercher. Un jour, je vois arriver un couple; je me précipite vers eux en criant “Papa, maman!” et les prends dans mes petits bras. La dame fond instantanément en larmes. Je lui demandai: “Pourquoi tu pleures, tu n’es pas contente de m’avoir retrouvé? — Mais si, bien sûr que je suis contente”, répondit-elle en sanglots. Je n’ai appris que beaucoup plus tard qu’ils étaient venus me voir avec la nette intention de refuser cette proposition d’adoption, parce que celle qui allait devenir la mère adoptive voulait absolument un bébé ou un nourrisson, certainement pas un enfant de 5 ans. Quand je l’ai appelée “maman” et l’ai prise dans mes bras, son cœur a chaviré. J’avais gagné la partie, sans savoir, sans comprendre, à l’instinct! Quand ma mère adoptive m’a raconté cette histoire bien des années plus tard, elle a ajouté qu’elle était convaincue depuis toujours que c’était moi qui les avais adoptés, et non l’inverse.

    Un jour que je racontais l’anecdote précédente à quelques personnes, l’une de mes interlocutrices, une dame d’origine roumaine vivant en France, très émue, nous a raconté sa propre histoire. Elle avait également environ 5 ans et survivait mi-affamée dans un orphelinat en Roumanie (c’était dans les années 1980, avant la chute du bloc de l’Est). Un jour, un homme (un Roumain) se présente à l’orphelinat pour adopter un garçon. Il avait amené avec lui un gros paquet de bonbons et tous les enfants se précipitèrent autour de lui pour avoir des bonbons. Tous, sauf cette petite fille de 5 ans, qui reste en silence à l’écart. L’homme la remarque, va la voir et lui propose un bonbon. La petite fille répond: “Je ne veux pas de bonbon. Ce que je veux, c’est un papa et une maman qui m’aiment!” L’homme est bouleversé et ne peut réprimer des larmes. Lui qui voulait absolument un garçon, il est reparti avec cette petite fille.

    Voilà, dans ces deux histoires, la mienne et celle de cette petite Roumaine, je vois une faculté de résilience instinctive assez incroyable pour un(e) môme de 5 ans. Elle comme moi avons su saisir la balle au bond, nous avons réussi a prendre notre destin en mains sans même savoir ce que nous faisions.

    1. Quelle chance ai-je de pouvoir te lire mon cher Laurent. Ces deux anecdotes sont tellement inspirantes.
      La résilience est-elle quelque chose d’inné chez les très jeunes enfants ?
      Merci en tout cas de nous partager ces deux magnifiques histoires.
      Je prendrai le temps de te recontacter (après les loupés du début de l’été, de ma faute) car je sens que tu as des tonnes de choses à nous partager à tous.
      A très bientôt.

      1. Laurent Rosenfeld

        Je ne sais si la résilience est-elle quelque chose d’inné chez les très jeunes enfants.

        Mais le point commun entre la jeune Roumaine et moi est que nous avions tous deux vécu une petite enfance difficile et compliquée, moi en raison de gros problèmes de santé, et elle en raison des pénuries alimentaires et autres dans les orphelinats de son pays, et tous les deux bien sûr en raison de l’absence de parents. Je n’ai aucun souvenir et je ne connais pas les détails, mais, c’est clair, du peu que je sais, j’en ai quand même pas mal bavé. Et j’imagine que cela a dû être bien plus difficile pour elle que ce ne le fut pour moi : au moins, je suppose que je mangeais à ma faim, pas elle. Cela dit, j’ai parlé d’une enfance difficile et compliquée, pas d’une enfance malheureuse (je ne veux pas émouvoir outre mesure, encore moins faire pleurer, quand je parle de cela). Au moins en ce qui me concerne, j’ai probablement eu affaire à des personnels soignants et éducatifs généralement dévoués dans leur travail, ce qui n’empêche pas cependant certaines carences affectives et même probablement cognitives.

        Mais peut-être que les difficultés vécues forgent le caractère, même chez un très jeune enfant. Peut-être, comme on dit, que ce qui ne te tue pas te rend plus fort. La fureur de vivre, la rage de s’en sortir, en quelque sorte. C’est peut-être cela, notre point commun, à la petite Roumaine et à moi.

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