Bien vivre l'adoption questionnement

Faut-il rechercher ses parents biologiques ?

Lorsque l’on parle d’adoption, se pose souvent la question de savoir s’il est bon de rechercher ses parents biologiques, ses origines. Pour ma part en tant qu’adopté, c’est bien souvent la question qui arrive dans le top 3 des personnes qui me questionnent. Cette fameuse phrase qui arrive parfois avant toutes les autres : “Et tu as déjà essayé de retrouver tes parents ?”, me demande-t-on dans 95% de ces discussions, bien souvent sur un ton quelque peu gêné…

Comme si cela devait être automatique. Qui dit “adoption”, dit “besoin de rechercher ses géniteurs”.

Bien sûr, loin de moi l’idée de juger ce type d’interrogations. Car, si au début cela m’ennuyait, aujourd’hui je sais quoi répondre. En effet, mon positionnement personnel est clair, validé et totalement assumé. Mais là n’est pas le sujet. Bien entendu, je pourrai y revenir dans une prochaine publication si cela vous intéresse. Donc n’hésitez pas à me le dire dès maintenant dans les commentaires.

Pour l’enfant adopté, la situation est bien plus complexe que cette simple question fermée. Mais ce qui caractérise une grande partie des adoptés, c’est ce besoin de connaître leur histoire pour se sentir apte à construire leur avenir.

Alors, est-il essentiel, voire indispensable de rechercher ses parents biologiques pour se construire ? Voici mon point de vue.

Pourquoi vouloir rechercher ses parents biologiques ?

L’adopté face à ses 3 vies

Entre notre véritable histoire, celle que l’on nous raconte ou qu’on ne nous dit pas, et celle que l’on fantasme, il y a véritablement plusieurs mondes différents. Et cela contribue grandement à amplifier la crise identitaire que connaissent beaucoup d’adoptés. Soit durant leur adolescence, soit une fois arrivés à l’âge adulte.

Lorsque l’adopté sait qu’il a été adopté, il se retrouve confronté à trois histoires : la vie qu’il a vécue jusqu’ici, la vie qu’il aurait pu vivre, et la vie (même très courte) qu’il a vécue avant l’adoption, comprenant notamment l’histoire de ses parents biologiques, histoire qui dessine les contours du contexte de son adoption. Et c’est cela qui donne toute leur complexité aux désirs des uns et des autres de rechercher, ou non, leurs parents biologiques.

Un besoin humain de connaître son passé

Vouloir connaître son passé, mais également l’histoire de ses origines, est quelque chose de véritablement humain. Qui suis-je ? D’où viens-je ? Que fais-je ici ? Nul besoin d’avoir été adopté pour se poser ces questions légitimes. Mais une personne qui vit avec ses parents biologiques, ne se posera pas ces questions de la même manière. Car un enfant adopté, qu’il le veuille ou non, a bien des parents biologiques, et des parents adoptifs. Qu’il l’accepte ou non, c’est ainsi. C’est un fait indiscutable.

Par ailleurs, ces questions “existentielles” vont évoluer par leur intensité au fur et à mesure du développement de l’adopté. Durant l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte… Et chaque adopté se posera ces questions à un moment ou à un autre de sa vie, avec plus ou moins de force. Mais chacun y accèdera à son propre rythme.

Si l’adolescence est souvent un catalyseur de ces questions existentielles chez beaucoup d’adoptés, pour ma part ce moment est intervenu une fois entré dans la vie active, aux alentours de 25 ans (j’en parle un peu ici). Avant cela, j’étais certain de ne pas en avoir le besoin. J’étais certain de n’avoir qu’une seule histoire. Et je me fermais à toute autre éventualité. Or, depuis, j’ai appris à accepter d’avoir plusieurs histoires. La vie que j’ai vécue, que je vis et que je vivrai. La vie que j’aurais pu vivre, celle que j’imagine parfois et que j’ai parfois fantasmé également. Et la vie de ma naissance à mon adoption, ainsi que le contexte de mon abandon.

Se poser les bonnes questions avant de se lancer

Prenez conscience du réel besoin caché

Derrière tout besoin, il y a un manque à combler. Et plus le vide créé par ce manque est grand, plus cela signifie que quelque chose d’important n’est pas nourri. Lorsque l’on prend conscience de cela, on entre dans une toute autre dimension. Dans une toute autre réflexion.

Si vous êtes parent d’un enfant en quête d’identité, il est important de faire preuve d’écoute envers lui. Une écoute attentive et bienveillante. L’idée n’est pas de prendre le risque de lui apporter de mauvais conseils, mais de l’amener à trouver lui-même les réponses à ses propres interrogations. Et surtout d’avancer pas à pas. Car ce qui comptera beaucoup pour votre enfant, c’est l’importance qu’il ressentira à vous voir disponible sur ce sujet, sans retenue, sans zone d’ombre.

Idem si vous êtes vous-même à la recherche de vos origines, de vos parents biologiques. Prenez le temps et le recul nécessaires pour faire ce travail introspectif indispensable. Donc, posez-vous ces quelques questions, sans vous juger, et notez vos réponses sur un papier :

  • Pourquoi est-ce que je ressens le besoin de rechercher mes parents biologiques ?
  • En quoi est-ce que cela pourrait changer / améliorer / transformer ma vie ?
  • Qu’est-ce que j’imagine pouvoir ressentir de positif si j’atteignais cet objectif ?
  • Qu’est-ce que cela m’apportera de plus grand encore si je les retrouve ?
  • A quel point est-ce un besoin vital pour construire ma vie ?

Encore une fois, l’idée ici n’est pas de vous juger sur les réponses qui vont arriver à vous. Mais bien de faire le point sur vos manques, et sur vos valeurs qui ne sont pas nourries. Mais également sur vos motivations.

Prenez conscience des étapes à suivre

Si vous êtes parents et que votre enfant ou ado exprime son désir de connaître son histoire, comprenez qu’il n’est pas nécessaire de lui sortir tout de suite son dossier d’adoption et de vous lancer tête la première dans les recherches.

Un désir exprimé à un instant T n’est pas forcément un désir permanent. Donc prenez en compte, et toujours avec bienveillance, ce désir. Posez-lui les questions proposées dans l’étape précédente. Discutez-en, et observez ce qui se passe chez votre enfant.

Idem si vous êtes adopté et que vous éprouvez ce besoin de rechercher vos parents biologiques. Etudiez vos réponses à ces questions. Mais ne brûlez pas les étapes en vous lançant éperdument dans une quête de vos origines sans avoir ces quelques réponses.

Car chaque adopté se pose un jour cette question : “Qui sont mes parents biologiques ?” Et chacun a des attentes différentes. Certains veulent tout savoir, tout découvrir, tout connaître. Certains considère qu’à cet instant ils ne ressentent pas le besoin de le savoir. Alors que d’autres se rendront compte qu’ils peuvent se satisfaire de quelques informations.

Mais bien souvent, c’est l’absence d’information qui crée le manque. C’est le fait d’ouvrir un dossier d’adoption vide qui entraîne cette vague de questions et ce besoin de réponses. C’est pourquoi il est important de comprendre qu’ouvrir un dossier n’est pas quelque chose d’anodin. Cela a des conséquences.

Prenez conscience des risques

Comme nous venons tout juste de le voir, chaque adopté a des attentes différentes. Mais surtout, chaque adopté a une histoire qui lui est propre. Et c’est bien souvent l’absence d’information sur cette histoire qui rend le désir plus intense. Car nous, adoptés, ne sommes pas égaux face aux informations auxquelles nous avons accès dans notre dossier d’adoption. Certains connaissent l’état civil de leurs parents, leurs métiers, le nombre de frères, de soeurs, le contexte de leur abandon… D’autres n’ont que peu ou pas d’information.

Ainsi, avant de vous lancer dans une telle démarche, il est important de vous interroger sur votre “pourquoi”. Quelles sont vos motivations. A quel point voulez-vous vous investir dans cette démarche ? Avez-vous connaissance des difficultés, des lenteurs administratives, des risques supposés par ces recherches ?

Avoir conscience de cela permet de se préparer à une potentielle déception. Car, le risque est bien évidemment de trop fantasmer une situation de retrouvailles avec ses parents biologiques. Ou de trop attendre affectivement d’une telle démarche. Et par la suite, de se retrouver bien plus perdu qu’avant d’avoir entamé ce processus de recherche.

Se construire sans connaître ses racines, c’est possible ?

L’histoire des autres n’est pas votre histoire

Selon moi, le thème de l’adoption n’est pas toujours bien traité dans les médias. Ces derniers ont tendance à grossir le trait d’histoires douloureuses ou non-représentatives, et d’en tirer des généralités. Et l’idée commune qui ressort très souvent de ces reportages pourrait tenir en une phrase : “Sans connaître son histoire, un adopté ne peut pas se construire“.

Mon intime conviction (et cela n’engage que moi bien sûr), c’est que c’est faux. Ou en tout cas, ce n’est pas toujours vrai. Ce n’est pas une généralité. Et bien souvent, ces reportages, documentaires et autres articles, qui retracent la plupart du temps le parcours difficile d’adoptés en quête d’identité ou à la recherche de leurs origines quel qu’en soit le prix, vendent le fantasme qu’un adopté ne peut se construire s’il n’a pas mis en lumière sa propre histoire.

Et, s’il est vrai que certaines retrouvailles ont permis à certains adoptés de se (re-)construire, il arrive également que ces retrouvailles n’apportent pas la réponse attendue. Pourquoi ? Parce que les attentes que l’adopté a placées dans cette démarche consistant à rechercher ses parents biologiques étaient bien trop élevées. Faire ainsi, c’est confier la responsabilité de son propre bonheur, de sa propre construction, de son propre avenir, à un résultat fantasmé et dont la réussite dépend d’une multitude de paramètres. Or ces portraits et autres reportages ne préparent pas à cela.

Votre histoire et votre avenir sont deux choses différentes

Penser qu’un adopté ne peut construire son avenir sans connaître son passé est une croyance. Il existe autant de personnes ayant réussi à se construire sans connaître leur histoire que de personnes en perte de repères ou de sens parce qu’ils ne connaissent pas leur passé. De même, connaître son passé ne garantit pas l’avenir. Le passé peut en être une réponse, mais il n’en est pas la clé.

Pour résumer : comprendre son histoire et construire son avenir sont deux choses différentes.

Si je vous dis cela, c’est pour vous permettre de ne pas placer tous vos espoirs de bonheur dans votre démarche de recherche de vos parents biologiques. Car si le résultat de ces recherches ne répond pas à vos attentes, vous serez forcément déçu. Et si vous comptiez sur cela pour enfin trouver les bons repères pour avancer dans la vie, les conséquences risquent d’être inversées.

Donc prenez conscience d’une chose. Votre passé, et surtout la manière dont vous percevez votre passé, n’ont d’influence que sur votre condition actuelle. La personne que vous êtes aujourd’hui est le résultat de votre histoire. Avoir été abandonné puis adopté, cela fait partie de votre histoire. Et c’est ce qui vous a amené là où vous êtes aujourd’hui. Ne pas connaître une partie de votre vie ou les raisons qui vous ont amené à être adopté, cela fait partie de votre histoire. Pour résumer : ne pas connaître une partie de votre histoire fait partie de votre histoire.

En revanche, votre avenir se construit aujourd’hui. Ce sont vos choix présents qui déterminent votre futur. Vous pouvez avoir fait des choix dans le passé mais décider de faire des choix différents aujourd’hui. C’est cela la force du présent.

Ecrivez votre propre histoire dès maintenant

C’est pourquoi j’insiste sur l’importance de vous poser les questions que je vous propose au début de cet article. Cela vous permettra de mettre en lumière ce qui est important pour vous. Ce qui correspond à vos valeurs les plus fortes. Car en connaissant ses valeurs, en connaissant ce qui est important pour soi, on peut réellement donner du sens à sa vie.

Alors posez-vous ces questions. Qu’est ce qui est le plus important pour vous ? Qu’est-ce qui a le plus de valeur à vos yeux ? Quelles sont ces choses dans votre vie qui sont non-négociables ? Il peut s’agir de vos enfants, de vos amis, de votre carrière, de votre santé ou votre bien-être, de la nature et de l’environnement, de la justice, de l’envie de liberté, du besoin de sécurité… Et si vous voyez que le fait de découvrir votre histoire et rechercher vos parents biologiques arrive en tête de liste avant tout le reste, alors c’est que vous devez le faire. Très certainement.

Mais si ce n’est pas le cas, alors c’est qu’il existe aussi d’autres leviers plus puissants pour vous permettre de vous construire un avenir qui a du sens.

J’espère que cet article vous a plu. N’hésitez pas à me faire part de vos réactions dans les commentaires, je les lirai avec attention. Vous pouvez également me partager vos expériences en lien avec le thème de cet article.

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