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Adoption difficile : “Mettre des mots sur les maux”

Dans mes coachings, je m’attache particulièrement à aider les personnes que j’accompagne à se reconnecter à leurs valeurs les plus profondes. Leurs valeurs les plus importantes. En effet, il est une notion indispensable à intégrer, c’est que notre système de valeurs est la boussole de notre vie. Et dans cette capacité à se reconnecter à ces valeurs qui nous portent, j’aide les personnes issues de l’adoption (je m’adresse également aux parents adoptants / parents adoptifs) à trouver des repères dans leur vie, à atteindre le but de leur quête d’identité, à donner un sens à leur histoire, pour mieux se construire. Et je le fais avec le plus de bienveillance possible. Car cela fait aussi partie de mon histoire. Mais pour y parvenir, il y a une chose essentielle à réaliser : il faut apprendre à mettre des mots sur les maux.

Ces maux, ce sont les blessures du passé. Parfois un passé inexistant ou des souvenirs traumatisants. Souvent le sentiment d’abandon et d’incompréhension. De la colère, de la tristesse, de la peur…

Mais comment, à partir de ces maux, peut-on réussir à prendre conscience de nos valeurs les plus profondes, quand on est obnubilé par une histoire de vie qui peut être soit absente, soit difficile ou traumatisante ? Comment vivre au présent quand notre passé difficile nous empêchent de nous construire ? Et comment se projeter dans un avenir épanouissant quand on reste essentiellement tourné vers des blessures passées, non cicatrisées ?

Dans cet article, vous allez comprendre comment le simple fait de mettre des mots sur vos maux peut vous aider à vous reconstruire.

mettre des mots sur les maux pour se construire
Mettre des mots sur les maux, une étape essentielle pour se construire.

Notre passé est omniprésent

Vos références passées

S’il y a bien deux choses qui sont immuables, c’est que :

  • le passé est passé,
  • nous ne pouvons pas revenir dans le passé, en tout cas physiquement.

Pourquoi je précise physiquement ? Parce que mentalement, le cerveau, lui, sait très bien le faire. Il est même expert en la matière. Il excelle dans la capacité à faire revenir le passé dans le présent. Et ce n’est pas grave. C’est tout ce qu’il y a de plus normal, et personne n’y échappe. Simplement parce que tout ce que vous vivez aujourd’hui, votre système émotionnel le vit à partir de vos expériences passées.

Avez-vous déjà constaté à quel point vous appréciez revoir une personne avec laquelle vous avez passé une excellente soirée la veille ? Et à quel point vous avez des difficultés à vous sentir joyeux de retrouver une personne avec laquelle vous vous êtes disputé à cette même soirée ? C’est quelque chose de tout à fait naturel. Au moment où vous revoyez ces personnes, les références de la veille vont venir occuper votre présent.

Et c’est ce qui se passe avec nos souvenirs. Notre cerveau, pour ne pas être surchargé par la multitude de ces souvenirs, il les range en arrière-plan, comme dans un grand meuble avec de grands tiroirs, en les classant dans ce que l’on appelle des références. Et ce sont ces références qui impactent sur votre vie de tous les jours. Mais ce sont également elles qui sont à l’origine de vos croyances.

Comment vos souvenirs évoluent

De plus, vos références évoluent en fonction de la perception que vous avez de votre passé. Cette perception change avec le temps. Avez-vous déjà constaté, lorsque vous retournez sur certains lieux dans lesquels vous avez créé de merveilleux souvenirs, dans votre jeunesse ou autre, à quel point tout vous semble plus petit, ou plus sombre, ou moins beau ?

Parce que, à force de vous souvenir émotionnellement de ces merveilleux souvenirs, votre cerveau les a embellis. Il a certainement agrandi les lieux, éclairci les lumières, vivifié les couleurs, de manière à rendre ce souvenir plus merveilleux encore. Et cela se passe de la même manière avec des souvenirs négatifs. Pour une dispute par exemple, votre inconscient va rendre l’endroit plus sombre, plus terne. La personne face à vous aura l’air plus agressive, avec un ton plus virulent. Et plus vous ressasserez émotionnellement ce souvenir, plus ces modalités vont s’amplifier.

Sachez que, de la même manière que vous avez reconstruit vos souvenirs à partir de la perception inconsciente que vous avez d’eux, vous pouvez reconstruire des souvenirs négatifs en développant une capacité de perception plus positive et de manière consciente.

Ne plus subir un passé difficile

Comment ce que nous nous racontons dirige notre vie

Mettre des mots sur les maux, c’est apprendre à se reconnecter au sens que votre passé peut donner à votre vie aujourd’hui. C’est découvrir la puissance que cela vous apporte dans le présent. C’est apprendre à accueillir vos blessures les plus douloureuses et en faire des forces.

L’idée n’est pas de changer le passé. Car c’est tout à fait impossible. Et malheureusement trop de personnes se focalisent sur cela. Elles voudraient changer le passé. Ou elles pensent que c’est ce passé qui détermine leur vie. Comme cette croyance que je retrouve très souvent :

Si j’ai été abandonné, c’est que je ne mérite pas d’être aimé“.

Qui a dit cela aux personnes qui pensent ainsi ? Dans 99,9 % des cas, personne. C’est bien souvent ce qu’elles se racontent à elles-mêmes.

Comme je l’ai dit précédemment, l’idée n’est pas de changer le passé. Mais de changer l’histoire que les enfants adoptés se racontent par rapport à leur passé. Et par conséquent les ressentis, les émotions qu’ils éprouvent à l’égard de ce passé. Et ce processus se passe bien dans le moment présent. D’une part parce que l’on ne vit que dans le présent (cela peut sembler évident mais il est bon de le rappeler). Et d’autre part parce que notre système neuro-émotionnel vit avec les références passées. Ainsi, nous ne vivons pas au présent en fonction des souvenirs factuels que nous avons cumulés, mais du rapport émotionnel que nous avons vis à vis de ces souvenirs.

La première question puissante à se poser

Pour les problématiques de l’adoption, il est donc tout à fait possible de changer l’histoire qu’une personne adoptée se raconte par rapport à son passé.

Je peux ne pas avoir de racines, avoir des trous dans mon passé, des zones d’ombre dans mon dossier d’adoption, parce que j’ai été abandonné, parce que je n’ai pas d’information sur mes parents biologiques, sur ma famille d’origine, parce que je ne sais pas quel jour je suis né exactement, parce que j’ai changé d’identité par le fait d’avoir été adopté.

Quel que soit le cas de figure, la spécificité de mon adoption, de mon histoire, la première question que je dois me poser est :

“Qu’est-ce que je vis aujourd’hui par rapport à cela et qu’est-ce que je ressens exactement ?”

Et de noter sur un papier (ou un smartphone ou un ordinateur) toutes les réponses qui me passent par la tête. Mais il est indispensable que je reste connecté à ce que je ressens aujourd’hui. Pas ce que j’ai éprouvé hier, il y a un mois ou il y a 10 ans.

Si, en pensant au fait de mal vivre le fait d’avoir été abandonné à la naissance, de ne pas avoir de filiation connue, de n’avoir aucune information sur mes parents biologiques, je ressens de la colère ou de la tristesse, alors je le note. Et j’essaie de creuser un peu plus encore. Quel genre de colère ? Pourquoi cette tristesse ? Comment cela se manifeste au plus profond de moi ?

C’est la première étape à cette belle démarche consistant à mettre des mots sur les maux.

Le jour où j’ai mis des mots sur mes maux

La révélation

Lorsque j’ai commencé à me poser des questions sur mon passé, sur mon histoire, sur mes origines, comme beaucoup de personnes, j’ai gardé cela pour moi. J’en parlais, mais sans vraiment parler des choses essentielles. Pourtant, ces questions avaient besoin de réponses. Elles m’étaient utiles pour donner du sens à tout cela. Elles m’étaient indispensables pour me construire et pour avancer. Mais surtout, elles ont fait naître progressivement des émotions négatives en moi. De la peur, de l’insécurité, du doute… Et ce dans tous mes domaines de vie : par rapport à moi-même, à ma vie privée, à ma vie professionnelle, à ma santé…

Et c’est à force de garder ces questions et ces émotions pour moi, de ne pas les exprimer, que j’ai fini par avoir ce sentiment grandissant de manquer de repères, de ne pas me connaître, parfois de perdre pied. Comme une sensation de vertige en me retournant vers ce passé incomplet. Vers ce puzzle sur lequel il manque de nombreuses pièces.

Mais le jour où les réponses me sont apparues, j’ai fondu en larmes.

La meilleure question que l’on ait pu me poser

Ces réponses me sont apparues, mais elles ont eu beaucoup de mal à sortir. Parce qu’elles étaient enfouies si profondément en moi que j’ai mis de longues minutes avant de pouvoir les exprimer. Pourtant, c’est une remarque toute simple qui m’a permis d’en prendre conscience, au cours d’un soin énergétique. Le praticien m’a alors simplement dit :

“Je perçois en toi comme de la peur. Pas la tienne aujourd’hui. Mais celle d’un enfant qui se sent perdu, abandonné. Est-ce que ça t’évoque quelque chose au moment où je t’en parle ?”

Et alors que je cherchais à lui répondre, une boule dans la gorge m’empêcha d’exprimer quoi que ce soit. Seules des larmes me coulaient sur le visage. Je pleurais comme je n’avais plus pleuré depuis des années. Comme si, tout à coup, je relâchais un flot d’émotions que je m’empêchais d’exprimer jusque là. Et c’était bien le cas.

Cette question, c’est comme s’il m’avait posé la fameuse question dont je vous parlais plus haut : “Qu’est-ce que je vis aujourd’hui par rapport à cela et qu’est-ce que je ressens exactement ?”

Lorsque j’ai pu de nouveau m’exprimer, j’ai enfin réussi à mettre des mots sur mes maux. Et ce fut certainement l’une des plus belles choses qui me soit arrivé. En exprimant cela verbalement, en extériorisant tous ces ressentis, j’ai accueilli cette dimension. Et cela m’a permis de percevoir ce qu’il y avait derrière tout cela.

Ce jour là, j’ai compris que l’on avance plus facilement, plus sereinement, plus rapidement, plus efficacement, si l’on accueille ce que l’on ressent. Sans rejet, sans dévalorisation ni critique à l’égard de cela.

Un nouveau champ des possibles

La deuxième question puissante

Lorsque vous réussissez à débloquer ce premier verrou, vous ouvrez une porte qui vous offre un accès vers un monde nouveau. Vers de nouvelles perspectives. Vers un nouveau champ des possibles.

Car après cette première prise de conscience, vous pouvez ensuite observer quels sont les processus qui vous amènent à ressentir cela à l’égard de votre histoire. A savoir :

“Quand vous repensez à votre passé, à votre histoire, qu’est-ce qui fait que vous vous sentez ainsi ?”

Autrement dit, si vous ressentez de la colère ou de la tristesse en pensant à votre passé, demandez-vous pourquoi vous ressentez cela. Et, notez vos réponses.

Cette étape vous aide à prendre conscience de ce qui se passe en arrière-plan. Vous découvrirez ainsi des mécanismes qui se répètent sans cesse mais dont vous n’avez pas forcément conscience. Vous mettrez le doigt sur ce qui se passe en vous, ou ce que vous faites inconsciemment, pour vous retrouver dans ces émotions de colère ou de tristesse quand vous repensez à votre histoire. Êtes-vous constamment dans la dévalorisation ? Dans le rejet ? Dans la critique ? Notez toutes les réponses qui vous viennent à l’esprit.

Mettre à jour cela vous permettra de comprendre à quel point les émotions dans lesquelles vous êtes sont cohérentes avec la manière dont vous percevez votre histoire. Et ce sont ces associations, entre vos émotions et vos perceptions de votre histoire, qui vont créer ou renforcer certaines croyances limitantes qui vous empêchent d’avancer. Comme “Je ne mérite pas d’être aimé”, “On m’a abandonné à la naissance, alors on m’abandonnera toute ma vie”

Ici aussi, vous mettez des mots sur les maux. Mais ce qui est beau, c’est qu’une croyance, ça se transforme aussi !

Le changement de perspective

Lorsque l’on observe son passé, il y a la réalité observable, et l’interprétation que l’on en retire.

Observable, en d’autres termes “factuelle”, parce que vous avez été abandonné juste après votre naissance, parce que l’on vous a laissé sur le pas d’une porte ou au milieu des cartons. Observable, c’est aussi ce que vous ressentez à l’égard de ces faits. Vous ressentez de l’injustice, de l’incompréhension, de la tristesse. Toutes ces choses sont des faits observables. Ils sont ainsi.

Puis, il y a les interprétations que vous vous faites. Vous vous auto-sabotez en imaginant que vous avez été abandonné parce que l’on ne vous aimait pas, parce que vous n’étiez pas désiré. Vous en voulez à vos parents biologiques parce que vous pensez qu’ils n’avaient que peu d’estime pour leur enfant. (Je ne généralise pas, ce ne sont que des exemples pour bien comprendre ces notions).

Cependant, lorsque l’on a réussi à éclaircir ce que l’on ressent à l’égard de son histoire (première et deuxième question), et que l’on apprend à accueillir cela avec bienveillance, il est particulièrement puissant de changer ensuite de perspective.

Changer de perspective, c’est se mettre à la place de… A la place de sa mère biologique ou de sa famille adoptive, par exemple. C’est aussi puissant que de mettre des mots sur des maux. Par exemple se mettre à la place de ses parents biologiques en replaçant votre abandon dans un certain contexte. C’est un travail plus profond avec un processus plus important. Mais les résultats sont extraordinaires. Parce qu’ainsi, vous constaterez que ce n’est pas en intellectualisant cela que vous avancerez, mais bien en l’expérimentant. Et dans mes coachings, j’aide celles et ceux qui le souhaitent à se connecter à cette dimension si puissante. Un processus qui a permis à beaucoup d’adoptés de faire la paix avec leur histoire, avec leurs parents, biologiques ou adoptifs…

En conclusion

Au final, à travers tout ce processus, ce n’est pas votre histoire que l’on change. Celle-ci est immuable. Mais c’est bien la relation que vous avez par rapport à votre histoire que l’on transforme. Et c’est là toute la différence. Car pour changer la trajectoire de sa vie, il faut d’abord apprendre à changer son rapport à sa propre histoire.

Ainsi, apprenez à reconnaître toutes les sources de frustrations, de colère, de tristesse, liées à votre histoire. Mettez ces mots si précieux sur vos maux si douloureux. En gros, tout ce qui vous tire vers le bas et vous empêche d’avancer ou de vous construire dans votre vie. Ainsi, vous aurez les éléments pour prendre conscience de ce qui, derrière, est important pour vous, ici et maintenant. Dans le présent.

Et c’est en découvrant ces importants, ces choses qui ont de la valeur pour vous, que vous réussirez à entrevoir la lueur d’un projet, la naissance d’un objectif, la vision d’un avenir épanouissant, prometteur et heureux.

J’espère que cet article vous a plus. Je vous invite à me faire part de vos impressions dans les commentaires. Je me ferai un plaisir de vous répondre et d’échanger avec vous sur ce sujet et, pourquoi pas, vous accompagner dans ce processus de changement.

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